📘 I-B — Le scepticisme : renoncer à la vérité ?
📐 Le scepticisme antique (Pyrrhon, Sextus Empiricus)
Le scepticisme consiste à suspendre son jugement (epochè) : face à des arguments également forts pour et contre une proposition, le sage suspend son assentiment pour éviter l’erreur. Résultat : l’ataraxie (tranquillité de l’âme).
📐 Montaigne — Essais
« De condamner ainsi résolument une chose pour fausse et impossible, c’est se donner l’avantage d’avoir dans la tête les bornes et limites de la volonté de Dieu. »
Seul un entendement divin infini peut savoir avec certitude ce qui est vrai ou faux. L’homme, fini, doit rester modeste et suspendre son jugement.
📐 La double critique du scepticisme
- Le scepticisme s’excepte lui-même du doute : il affirme que le doute est nécessaire → performative contradiction.
- Le scepticisme radical est invivable : il faudrait suspendre son jugement sur tout, même sur les choses pratiques essentielles.
💡 À retenir
• Scepticisme : suspendre le jugement face à l’incertitude.
• Montaigne : la finitude humaine interdit les certitudes absolues.
• Limite : le scepticisme radical est auto-réfutant et invivable.