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Cours — Introduction : histoire et mémoire, histoire et justice
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Introduction : histoire et mémoire, histoire et justice — Géopolitique Terminale

📘 Histoire, mémoire et droit international

L’histoire est une discipline scientifique cherchant à reconstituer le passé de façon critique et objective. La mémoire est subjective, affective, plurielle et vulnérable à la manipulation. Le tribunal de Nuremberg (1945-1946) crée de nouvelles catégories juridiques — génocide et crime contre l’humanité — pour nommer et punir les atrocités de masse.


📐 Histoire vs Mémoire

Schéma des sources de l'historien : archives (nationales, départementales, privées), documents écrits (correspondances, journaux officiels, presse), sources orales (témoignages, traditions), sources iconographiques (photographies, films), sources archéologiques et matérielles. L'historien applique une méthode critique : choix, analyse, interprétation et recoupement des sources pour vérifier leur fiabilité.
Sources de l’historien : archives, documents, témoignages — méthode critique : analyse + recoupement + interprétation
Mémoire Histoire
Souvenir vécu ou fantasmé Reconstitution intellectuelle du passé
Affective, subjective, propre à un groupe Relève de la raison, analyse critique
Pluralité des mémoires parfois contradictoires Tend vers l’objectivité scientifique
Vulnérable aux manipulations Moins vulnérable à l’instrumentalisation

Mémoire individuelle : souvenirs personnels ; mémoire collective : représentation sélective du passé définissant l’identité d’un groupe.
• Pluralité des mémoires → instrumentalisation politique possible (ex. : massacre des Arméniens — non reconnu par la Turquie).


📐 Nuremberg et la création du droit international pénal

Photographie du tribunal militaire international de Nuremberg (1945-1946) : 22 hauts dirigeants nazis assis dans le box des accusés. Le tribunal est créé par l'accord de Londres (août 1945) et juge sur 4 chefs d'accusation : complot, crimes contre la paix, crimes de guerre, crimes contre l'humanité. Résultats : 12 condamnations à mort (dont Ribbentrop, Keitel, Göring), 7 peines de prison, 3 acquittements.
Tribunal de Nuremberg (1945-1946) : 22 dirigeants nazis jugés. 12 condamnations à mort, 7 peines de prison, 3 acquittements

Conférence de Wannsee (1941) : décision de la « solution finale » par 15 dirigeants nazis → extermination de 5 à 6 millions de Juifs.

Accord de Londres (août 1945) : création du tribunal militaire international de Nuremberg (1945-1946).
4 chefs d’accusation : complot ; crimes contre la paix ; crimes de guerre ; crimes contre l’humanité.
Jugement : 12 condamnations à mort, 7 peines de prison, 3 acquittements.

Nouveaux concepts juridiques :

Concept Définition Créé par
Génocide Extermination méthodique d’un peuple pour le faire disparaître totalement. Intentionnel. Imprescriptible. Raphael Lemkin
Crime contre l’humanité Acte inhumain (assassinat, extermination, déportation, asservissement) pour motifs politiques, raciaux ou religieux. Imprescriptible. Hersch Lauterpacht

Imprescriptible : ne peut pas être effacé ou oublié par le passage du temps.
• Déclaration universelle des Droits de l’homme (1948) : 1ère fois, l’humanité est une entité à protéger collectivement.
• Dimension internationale du génocide (Lemkin) : crime de nature internationale, pas seulement nationale.


💡 À retenir

• Histoire ≠ mémoire : l’une est scientifique/objective, l’autre affective/subjective/plurielle.
• Conférence de Wannsee (1941) → « solution finale » → 5-6 millions de Juifs exterminés.
• Nuremberg (1945-1946) : 12 condamnations à mort ; 4 chefs d’accusation dont crimes contre l’humanité.
• Génocide (Lemkin) = extermination intentionnelle d’un peuple. Crime contre l’humanité (Lauterpacht) = actes inhumains à grande échelle. Les deux sont imprescriptibles.

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