📘 Les évolutions de la structure socioprofessionnelle depuis la seconde moitié du XXe siècle
Depuis 1945, la société française a connu quatre grandes transformations de sa structure socioprofessionnelle : la salarisation (domination du statut salarié), la tertiarisation (développement du secteur des services), la féminisation des emplois et l’élévation du niveau de qualification.
📐 La salarisation
• Salarisation : processus par lequel le statut de salarié (toucher un salaire pour sa contribution à la production) devient la forme principale d’emploi.
• En 1950 : 65 % d’emplois salariés → en 2020 : 91 % d’emplois salariés en France.
• Les travailleurs indépendants (professions libérales, entrepreneurs) sont devenus minoritaires.
📐 La tertiarisation
• Tertiarisation : processus dans lequel l’essentiel de la production est réalisé par le secteur tertiaire (services : commerce, finance, enseignement, recherche, santé…) plutôt que par le secteur secondaire (industrie) ou primaire (agriculture).
• En France, entre 1978 et 2011 : 60 000 emplois industriels disparaissent chaque année, tandis que 150 000 emplois de services marchands sont créés.
• Le secteur tertiaire représente aujourd’hui plus des 2/3 du PIB français.
PCS en hausse (métiers du tertiaire) : cadres et professions intellectuelles supérieures, professions intermédiaires, employés.
PCS en baisse : agriculteurs, artisans, ouvriers industriels.
📐 La féminisation des emplois
• Depuis les années 1960, progression forte de la part des femmes dans la population active.
• Liée aux conquêtes féministes (1965 : droit d’ouvrir un compte et d’exercer une profession sans autorisation du mari) et à la tertiarisation (les femmes sont concentrées dans les métiers du tertiaire).
• L’égalité d’accès aux emplois et aux rémunérations reste cependant incomplète.
📐 L’élévation du niveau de qualification
• La massification scolaire et le développement des études supérieures ont élevé le niveau de qualification moyen.
• En 1985 : 29 % de bacheliers dans une génération → en 2015 : 78 %.
• Déqualification : l’augmentation du nombre de diplômés signifie qu’obtenir un diplôme plus élevé qu’une génération précédente ne garantit plus un emploi ou un statut équivalent → concurrence accrue entre diplômés.
📐 Tableau de synthèse des évolutions
| Évolution | Description | Données clés |
|---|---|---|
| Salarisation | Le salariat devient la norme | 65 % (1950) → 91 % (2020) d’emplois salariés |
| Tertiarisation | Domination du secteur des services | > 2/3 du PIB ; −60 000 emplois industriels/an ; +150 000 emplois services/an (1978–2011) |
| Féminisation | Hausse de la part des femmes dans l’emploi | Concentrées dans le tertiaire ; inégalités salariales et de carrière persistent |
| Hausse des qualifications | Massification scolaire → plus de diplômés | 29 % de bacheliers (1985) → 78 % (2015) ; risque de déqualification |
💡 À retenir
• Salarisation : 91 % d’emplois salariés aujourd’hui (vs 65 % en 1950).
• Tertiarisation : services = +2/3 du PIB ; déclin de l’industrie et de l’agriculture.
• Féminisation : liée à la tertiarisation + conquêtes féministes ; inégalités persistantes.
• Déqualification : avoir un bac ou un master vaut moins qu’avant car tout le monde en a un.