Mise en Orbite d’un Satellite : Les Lois de Newton

Mise en Orbite d’un Satellite : Les Lois de Newton
Physique · Mécanique · Terminale

Mise en Orbite
d’un Satellite

Comment un satellite reste-t-il en orbite sans tomber ? Découvrez comment les lois de Newton expliquent entièrement le mouvement orbital, de la vitesse de mise en orbite à la période de révolution.

⏱ Lecture : 9 min 🚀 Niveau : Terminale ✦ Méthode & Calculs

Pourquoi un satellite ne tombe-t-il pas ?

La réponse est simple et brillante : il tombe en permanence, mais il avance si vite horizontalement que la Terre se dérobe sous lui à la même vitesse qu’il descend. C’est exactement ce qu’avait imaginé Newton avec sa fameuse expérience de pensée du boulet de canon tiré depuis le sommet d’une montagne.

Un satellite en orbite circulaire est donc un objet en chute libre continue, dont la trajectoire épouse parfaitement la courbure de la Terre. Ce mouvement est entièrement gouverné par deux lois de Newton : la loi de la gravitation universelle et la deuxième loi de Newton (principe fondamental de la dynamique).

L’idée clé

Un satellite ne lévite pas. Il tombe, mais si vite horizontalement qu’il rate la Terre à chaque instant. C’est ça, une orbite.


Les deux lois fondamentales

1 — La gravitation universelle de Newton

Tout corps massif attire tout autre corps massif. La Terre attire le satellite avec une force dirigée vers son centre, appelée force gravitationnelle.

Loi de la gravitation universelle
\[ F = G \cdot \frac{M \cdot m}{d^2} \]

\( G = 6{,}674 \times 10^{-11} \) N·m²·kg⁻² — constante gravitationnelle
\( M \) — masse de la Terre (\( 5{,}97 \times 10^{24} \) kg)
\( m \) — masse du satellite
\( d \) — distance entre les centres (centre Terre → satellite)

2 — Le principe fondamental de la dynamique (PFD)

Pour un satellite en orbite circulaire uniforme, la vitesse est constante mais la direction change sans cesse. Il existe donc une accélération, dirigée vers le centre de la Terre : l’accélération centripète.

Accélération centripète
\[ a = \frac{v^2}{R} \]

\( v \) — vitesse orbitale du satellite (m/s)
\( R \) — rayon de l’orbite, soit \( R_T + h \) avec \( h \) l’altitude

Le PFD nous dit que la seule force exercée sur le satellite (la gravitation) est égale à sa masse multipliée par son accélération centripète :

Application du PFD au satellite
\[ G \cdot \frac{M \cdot m}{R^2} = m \cdot \frac{v^2}{R} \]

Démonstration pas à pas

1

Simplifier l’équation

On remarque que la masse \( m \) du satellite apparaît des deux côtés : elle se simplifie. Le mouvement orbital ne dépend donc pas de la masse du satellite, seulement de la masse de la planète et du rayon de l’orbite.

\[ G \cdot \frac{M}{R^2} = \frac{v^2}{R} \]
2

Exprimer la vitesse orbitale

On multiplie les deux membres par \( R \) puis on prend la racine carrée :

Vitesse orbitale circulaire
\[ v = \sqrt{\frac{GM}{R}} \]

C’est le résultat central : la vitesse nécessaire pour maintenir une orbite circulaire à un rayon \( R \) donné. Plus l’orbite est haute, plus la vitesse requise est faible.

3

Calculer la période de révolution

La période \( T \) est le temps mis par le satellite pour faire un tour complet. La circonférence de l’orbite est \( 2\pi R \), donc :

\[ T = \frac{2\pi R}{v} = \frac{2\pi R}{\sqrt{\frac{GM}{R}}} \]
Période de révolution — 3ᵉ loi de Kepler
\[ T^2 = \frac{4\pi^2}{GM} \cdot R^3 \]

On retrouve la troisième loi de Kepler : \( T^2 \) est proportionnel à \( R^3 \). Plus l’orbite est éloignée, plus la révolution est lente.


Application numérique : l’ISS

Appliquons ces formules à la Station Spatiale Internationale (ISS), qui orbite à environ 400 km d’altitude.

Grandeur Valeur
Rayon de la Terre \( R_T \)\( 6{,}371 \times 10^6 \) m
Altitude \( h \)\( 400 \times 10^3 \) m
Rayon orbital \( R = R_T + h \)\( 6{,}771 \times 10^6 \) m
Masse de la Terre \( M \)\( 5{,}97 \times 10^{24} \) kg
Constante \( G \)\( 6{,}674 \times 10^{-11} \) N·m²·kg⁻²
Calcul de la vitesse orbitale de l’ISS

\( v = \sqrt{\dfrac{6{,}674 \times 10^{-11} \times 5{,}97 \times 10^{24}}{6{,}771 \times 10^6}} \)

\( v \approx \sqrt{5{,}88 \times 10^7} \approx \mathbf{7{,}67 \times 10^3 \ \text{m/s}} \)

Soit environ 27 600 km/h — l’ISS fait le tour de la Terre en environ 92 minutes.


Les différents types d’orbites

En fonction de l’altitude choisie, les satellites ne jouent pas le même rôle. La formule \( v = \sqrt{GM/R} \) permet de caractériser chaque orbite.

Type d’orbite Altitude Période Utilisation
LEO (basse)200 – 2 000 km90 min – 2 hISS, observation, Starlink
MEO (moyenne)2 000 – 35 000 km2 – 24 hGPS, Galileo
GEO (géostationnaire)35 786 km24 h exactementMétéo, télévision, télécoms
L’orbite géostationnaire — cas particulier remarquable

À 35 786 km d’altitude, la période de révolution du satellite est exactement égale à la période de rotation de la Terre (24 h). Le satellite semble donc immobile dans le ciel vu depuis le sol. C’est l’orbite utilisée par les satellites de télévision et de météorologie.


Les conditions de mise en orbite

Pour placer un satellite sur une orbite donnée, il faut lui communiquer exactement la bonne vitesse dans la bonne direction. Voici les trois conditions essentielles :

  • 1
    Altitude suffisante : le satellite doit être au-dessus de l’atmosphère (≥ 200 km) pour éviter les frottements qui le feraient décroître rapidement
  • 2
    Vitesse horizontale exacte : calculée par \( v = \sqrt{GM/R} \) — ni trop lente (le satellite retombe), ni trop rapide (il s’échappe vers une orbite elliptique)
  • 3
    Direction tangentielle : la vitesse doit être perpendiculaire au rayon orbital pour obtenir une orbite circulaire

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