📘 Les déclencheurs des crises financières
Les crises financières résultent de trois mécanismes principaux : la formation de bulles spéculatives (alimentées par les comportements mimétiques et les prophéties autoréalisatrices), les faillites bancaires en chaîne (dues à l’interdépendance et aux paniques bancaires) et les situations d’aléa moral (banques « too big to fail » et titrisation).
📐 La formation de bulles spéculatives

• Spéculation : opération visant à tirer profit de la bonne anticipation d’un prix (achat en vue de revente à un prix plus élevé).
• Bulle spéculative : hausse du prix d’un actif déconnectée de sa valeur réelle, entretenue par les comportements mimétiques et les prophéties autoréalisatrices.
Comportements mimétiques :
Les agents financiers imitent les comportements des autres → si tout le monde achète, acheter est rationnel (le cours va monter) ; si tout le monde vend, vendre est rationnel (le cours va baisser).
• Comportement mimétique : un agent forme ses anticipations en imitant les autres agents.
• Prophétie autoréalisatrice : une croyance collective (ex. « les prix vont monter ») génère des comportements (achats massifs) qui la rendent vraie.

📌 L’asymétrie d’information amplifie ces phénomènes : si l’agent A voit l’agent B acheter un titre, il suppose que B détient une information privilégiée → il imite B → cela fait monter le cours, validant rétrospectivement l’anticipation.
📐 Les faillites bancaires en chaîne
Les banques sont interdépendantes : elles se prêtent mutuellement de l’argent quotidiennement sur le marché interbancaire. Si une banque fait défaut, elle ne rembourse pas ses dettes envers d’autres banques → celles-ci sont fragilisées → effet domino.
👉 Exemple 2008 : Après la faillite de Lehman Brothers, les banques disposant de liquidités refusent de prêter à celles qui en manquent (crise de confiance) → les banques à court de liquidités ne trouvent pas de prêt → précipitation de leur faillite.
• Crise de liquidité : une banque ne peut pas faire face aux retraits d’argent ou aux remboursements sur le marché interbancaire à court terme.
• Panique bancaire : les déposants retirent massivement leurs fonds de crainte que la banque ne fasse faillite → aggrave la crise de liquidité (prophétie autoréalisatrice).
📐 L’aléa moral
• Aléa moral : situation d’asymétrie d’information dans laquelle, après la signature d’un contrat, l’une des parties change son comportement à l’insu et au détriment de l’autre partie.
Deux formes d’aléa moral dans la finance :
| Forme | Mécanisme | Exemple |
|---|---|---|
| Too big to fail | Les grandes banques savent que l’État les sauvera en cas de faillite → elles prennent plus de risques | Banques systémiques aidées par les gouvernements en 2008 ; Lehman Brothers laissée faire faillite → crise majeure |
| Titrisation | Les banques transforment leurs créances en titres vendus sur les marchés → elles transfèrent le risque → elles accordent des prêts encore plus risqués | Crédits subprimes titrisés : les banques savaient que le risque serait porté par les acheteurs des titres |
• Titrisation : transformation d’une créance (ex. un crédit bancaire) en titre vendu sur les marchés financiers. En 2008, les acheteurs des titres subprimes n’étaient pas assez informés des risques qu’ils portaient (asymétrie d’information).
💡 À retenir
• Bulle spéculative : prix déconnecté de la valeur réelle → entretenu par mimétisme et prophéties autoréalisatrices.
• Comportement mimétique : imiter les autres est rationnel sur les marchés → instabilité collective.
• Faillites en chaîne : interdépendance bancaire + asymétrie d’information → effet domino + paniques bancaires.
• Aléa moral : too big to fail (prise de risque excessive) + titrisation (transfert du risque → prêts encore plus risqués).