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Le changement climatique : approches historique et géopolitique — Géopolitique Terminale

📘 Le changement climatique : approches historique et géopolitique

L’histoire du climat (Le Roy Ladurie, années 1960-1980) distingue les fluctuations naturelles anciennes (petit âge glaciaire XIVe-XIXe s., famines 1693-1849) du changement actuel, inédit par son rythme et son ampleur (+1 °C depuis le XIXe s., 20 premières années du XXIe s. = période la plus chaude depuis 2 000 ans). La Chine est responsable de 27 % des GES, les États-Unis de 14 %.


📐 Écrire l’histoire du climat

Schéma des sources pour écrire l'histoire du climat : sources humaines (journaux personnels, mémoires, peintures de scènes hivernales, dates des vendanges — fragmentaires, axées sur les phénomènes exceptionnels) et sources scientifiques (carottes glaciaires, pollens fossilisés, cernes des arbres, sédiments lacustres, relevés météorologiques depuis le XVIIIe siècle grâce à Réaumur). La difficulté : les fluctuations sur le temps long sont imperceptibles pour les contemporains (écarts < 0,5 °C).
Sources de l’histoire du climat : humaines (journaux, vendanges, peintures) + scientifiques (carottes glaciaires, cernes d’arbres, sédiments)

• L’histoire du climat = objet historique depuis les années 1960-1980. Emmanuel Le Roy Ladurie (France) = pionnier.
• Problème : sources humaines fragmentaires (accent sur les phénomènes exceptionnels) + sources scientifiques tardives (relevés météo XVIIIe s., Réaumur).
• Fluctuations : imperceptibles pour les contemporains (écarts < 0,5 °C sur le temps long).


📐 Des fluctuations climatiques anciennes

Schéma des conséquences politiques, économiques et sociales des fluctuations climatiques en Europe : le petit âge glaciaire (XIVe-XIXe s.) provoque des étés frais et humides, des hivers rigoureux, des mauvaises récoltes et des famines. Tableau de bilan humain : 1693-1694 (France, 1,3 M de morts), 1709-1710 (France, 600 000 morts, -26 °C à Paris en janvier), 1718-1719 (France, 400 000 morts — dysenterie), 1845-1849 (Irlande, 1,5 M de morts + 1 M d'émigrants vers les États-Unis — grande famine).
Conséquences du petit âge glaciaire : famines récurrentes — 1693 (1,3 M), 1709 (600 000), 1845-49 Irlande (1,5 M morts + 1 M émigrés)
Peinture hollandaise du XVIIe siècle montrant la rigueur des hivers : paysage enneigé avec patineurs sur un canal gelé, arbres dénudés, maisons couvertes de neige. Cette peinture est emblématique des nombreuses représentations hivernales hollandaises (1565-1665), source pour l'histoire du climat. Entre 1659 et 1700, 10 hivers à Paris avec une température moyenne inférieure de 2 °C à la normale.
Peinture hollandaise (XVIIe s.) : source pour l’histoire du climat du petit âge glaciaire — hivers rigoureux (1565-1665)

Milankovic : théorie mathématique du climat → 4 périodes glaciaires sur les 700 000 dernières années.
• En -8000 : température +2 °C → Sahara = savane arrosée (girafes, hippopotames, lacs).
• 900 – début XIVe s. : optimum climatique médiéval → vigne en Écosse, croissance démographique.
Petit âge glaciaire (XIVe s. – milieu XIXe s.) : étés frais et humides, hivers rigoureux.

Dates Événements Bilan humain
1693-1694, France Pluies → famine + épidémie 1 300 000 morts
1709-1710, France -26 °C à Paris (janvier) → famine 600 000 morts
1718-1719, France Étés très chauds → dysenterie 400 000 morts
1845-1849, Irlande Mildiou de la pomme de terre → grande famine 1 500 000 morts + 1 000 000 émigrés vers les États-Unis

📐 Le changement climatique actuel : inédit

Carte des conséquences dramatiques du réchauffement climatique dans le monde : fonte des glaces polaires et arctiques (élévation du niveau des mers +3,3 mm/an), multiplication des événements extrêmes (sécheresses, ouragans, incendies), désertification (Afrique subsaharienne, pourtour méditerranéen), inondations des littoraux et deltas peuplés (Bangladesh, îles du Pacifique), acidification des océans. Les 20 premières années du XXIe s. = période la plus chaude depuis 2 000 ans.
Conséquences du réchauffement climatique : fonte des glaces, élévation des mers, événements extrêmes, désertification
Graphique des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) par pays en 2021 : Chine = 27 %, États-Unis = 14 %, Union européenne = 7 %, Inde = 7 %, Russie = 5 %, Japon = 3 %, France = 1 %. Les combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) utilisés dans les transports, l'industrie, l'agriculture, le chauffage et la climatisation engendrent une concentration des GES qui aggrave l'effet de serre.
Émissions mondiales de GES : Chine = 27 %, États-Unis = 14 %, France = 1 % — les activités humaines causent le réchauffement (GIEC 1988)

• Depuis le XIXe s. : +1 °C de température moyenne. En 2016 : +1/1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle.
• 20 premières années du XXIe s. = période la plus chaude depuis 2 000 ans.
GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, fondé 1988) : établit les liens entre activités humaines et réchauffement.
• Chine : 27 % des GES. États-Unis : 14 %. France : 1 %.


💡 À retenir

• Milankovic : 4 périodes glaciaires sur 700 000 ans. Petit âge glaciaire (XIVe-XIXe s.) = famines récurrentes.
• Changement actuel : +1 °C depuis XIXe s. ; 20 premières années du XXIe s. = les plus chaudes depuis 2 000 ans.
• GIEC (1988) : lien scientifique activités humaines / réchauffement. Chine 27 % GES, États-Unis 14 %.
• Inédit : rythme, ampleur, étendue géographique → conséquences dramatiques (fonte des glaces, montée des eaux, désertification).

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