Les États-Unis et la question environnementale : tensions et contrastes — Géopolitique Terminale

📘 Les États-Unis : pionniers de la protection de la nature puis « mauvais élèves »

Les États-Unis ont été pionniers (Yellowstone 1872, Theodore Roosevelt, EPA 1970) mais sont devenus l’un des pires élèves environnementaux mondiaux : 20 % de l’énergie consommée, 15 % des GES. Refus de Kyoto (1997), sortie de l’accord de Paris (2017). La Californie et le réseau « We are still in » incarnent une résistance interne.


📐 Une politique de protection ancienne

Photographie de John Muir (1838-1914) et du président Theodore Roosevelt dans la vallée de Yosemite (Californie, 1903) : les deux hommes posent devant les falaises de granite de la vallée glaciaire. John Muir, naturaliste et écrivain écossais émigré aux États-Unis, a fondé le Sierra Club (1892) et milité pour la création du parc national de Yosemite (1890). Theodore Roosevelt, influencé par Muir, créera 150 forêts protégées, 5 parcs nationaux et 51 réserves ornithologiques pendant ses mandats (1901-1909).
John Muir et Theodore Roosevelt à Yosemite (1903) : la rencontre des deux pionniers de la protection de la nature américaine

Figures de la protection :
• Ralph Waldo Emerson, Thoreau, John Muir, Frederick Jackson Turner, Frederic Remington → célèbrent la Wilderness comme fondatrice de l’identité américaine.
Yellowstone (1872) : 1er parc national naturel du monde. Yosemite (1890) : grâce à John Muir. National Park Service (NPS) : 1916.
• Aujourd’hui : 62 parcs nationaux aux États-Unis (2,2 % du territoire, 400 M de visiteurs/an).
Theodore Roosevelt (1901-1909) : 150 forêts protégées (675 000 km²), 5 parcs nationaux, 51 réserves ornithologiques → sanctuarisation de l’environnement.
• État fédéral possède ¼ du territoire. EPA (Environmental Protection Agency, 1970), Clean Air Act (1970), Clean Water Act (1972).

Carte du réseau ferroviaire américain en 1870 et 1916 : en 1870, le réseau est principalement orienté nord-sud sur la côte est ; en 1916, il couvre l'ensemble du territoire avec 406 000 km de voies ferrées, dont 5 lignes transcontinentales (Union/Central Pacific 1869, Southern Pacific 1883, Santa Fe 1883, Northern Pacific 1883, Great Northern 1893). Ce réseau relie les zones de production (belts) aux marchés et aux ports.
Réseau ferroviaire américain : de 1 600 km (1830) à 406 000 km (1916) — 5 lignes transcontinentales, maillage complet du territoire

Opinion publique mobilisée : Rachel Carson (Printemps silencieux, 1962 → interdiction des pesticides), Al Gore (Une vérité qui dérange, 2006, prix Nobel de la paix 2007 + GIEC).
ONG dynamiques : Sierra Club, Friends of the Earth, WWF-US.

Schéma des ONG environnementales américaines et de leur influence mondiale : Sierra Club (fondé par John Muir en 1892, 3,5 millions de membres), Natural Resources Defense Council (NRDC, 1970, 3 millions de membres), Environmental Defense Fund (EDF, 1967), Greenpeace USA. Ces ONG interviennent en justice, font du lobbying au Congrès, mènent des campagnes médiatiques et internationales. Elles sont financées par des dons privés et des fondations philanthropiques.
ONG environnementales américaines (Sierra Club, NRDC, EDF) : lobbying, justice, campagnes médiatiques — influence mondiale

📐 Le paradoxe : pionniers devenus « mauvais élèves »

20 % de l’énergie mondiale consommée par les États-Unis. 15 % des GES émis mondialement.
• Si tous les habitants du monde vivaient comme les Américains → il faudrait 5 planètes Terre.
• 1997 : résolution Byrd-Hagel → refus de signer un texte international affectant l’économie américaine.
• Non-ratification du protocole de Kyoto (2001). Sortie de l’accord de Paris (2017, Trump). Biden réintègre (2021).
• Pouvoir des lobbies pétroliers, charbonniers, automobiles depuis les années 1980 (Reagan).
• Trump : climatoscepticisme, forages autorisés dans les parcs naturels, exploitation des gaz de schiste.

Schéma du paradoxe de la politique environnementale américaine : d'un côté, les pionniers de la protection (Yellowstone 1872, Theodore Roosevelt, EPA 1970, Clean Air Act) ; de l'autre, les 'mauvais élèves' (non-ratification Kyoto 2001, sortie accord Paris 2017, gaz de schiste, lobbies pétroliers). Ce paradoxe s'explique par le fédéralisme (États fédérés vs gouvernement fédéral), le poids économique des industries fossiles, le climatoscepticisme républicain et les Églises évangéliques méfiantes envers la science.
Paradoxe américain : pionniers (Yellowstone, Roosevelt, EPA) → mauvais élèves (refus Kyoto, sortie Paris, gaz de schiste, lobbies)

Résistances internes :
Californie : respecte Kyoto (2006), loi 100 % électricité sans carbone d’ici 2045, 22 Md$ investis dans les start-up d’énergie verte (2007-2017). 1er État pour l’énergie solaire (>1/3 de la production nationale).
Réseau « We are still in » (2017) : 10 États fédérés, 289 villes (Los Angeles, New York…), 353 universités, 2 239 entreprises → engagement à respecter l’accord de Paris malgré Trump.
• New York : objectif -85 % des GES d’ici 2050.


💡 À retenir

• Yellowstone (1872) = 1er parc national du monde. Theodore Roosevelt (1901-1909) = sanctuarisation de l’environnement. EPA (1970).
• 20 % de l’énergie mondiale + 15 % des GES → impact écologique colossal.
• Refus Kyoto (1997/2001), sortie accord de Paris (2017) → lobbyisme pétrolier + climatoscepticisme.
• Californie + réseau « We are still in » (10 États, 289 villes, 2 239 entreprises) = résistance interne au déni fédéral.

Agent Tom
Bonjour ! Je suis Tom, votre assistant virtuel. Comment puis-je vous aider aujourd'hui ?