📘 Les caractéristiques de la mobilité sociale
La mobilité observée dans les tables se décompose en mobilité structurelle (due aux changements de la structure socioprofessionnelle) et fluidité sociale (égalité des chances d’accéder à une position, mesurée par les odds ratios). La mobilité masculine et féminine présentent des profils très différents.
📐 Mobilité observée, mobilité structurelle et fluidité sociale
| Concept | Définition | Exemple |
|---|---|---|
| Mobilité observée | Mobilité totale d’une société : ensemble des changements de positions sociales mis en évidence par les tables | Toute la mobilité visible dans les tables |
| Mobilité structurelle | Partie de la mobilité due aux modifications de la structure socioprofessionnelle (indépendante de la volonté des individus) | Tertiarisation → moins d’agriculteurs et d’ouvriers → fils d’agriculteurs contraints de changer de métier |
| Fluidité sociale | Force du lien entre origine et position sociale, indépendamment de la structure. Mesure la probabilité d’accéder à une position quel que soit son milieu d’origine | Société fluide = origine sociale n’influence pas la position atteinte |
📌 Distinction clé : une société très mobile peut être très peu fluide si la mobilité s’explique essentiellement par la mobilité structurelle (et non par l’égalité des chances).
📌 La fluidité sociale correspond au principe d’égalité des chances.
Mesure de la fluidité : les odds ratios
On calcule des rapports de chances relatives pour comparer les probabilités d’accéder à une position selon l’origine sociale.
→ Exemple : En 2003, un fils de cadre avait 29 fois plus de chances qu’un fils d’ouvrier d’être cadre plutôt qu’ouvrier.
📐 Mobilité masculine et mobilité féminine

| Mobilité masculine | Mobilité féminine | |
|---|---|---|
| Par rapport au père | Majoritairement ascendante (mais à distance réduite) ; sentiment de déclassement en hausse (~25 % des hommes) | Plus de mobilité descendante car marché de l’emploi féminin moins ouvert aux emplois supérieurs. 34 % des filles de cadres restent cadres vs 47 % des fils de cadres |
| Par rapport à la mère | — | Forte ascension sociale : les mères étaient souvent inactives ou peu qualifiées → les filles travaillent plus et mieux |
| Sentiment de déclassement | En hausse mais minoritaire | Plus élevé que chez les hommes (inégalités de genre sur le marché du travail) |
💡 À retenir
• Mobilité observée = mobilité structurelle + fluidité sociale.
• Mobilité structurelle : due aux évolutions de la structure des emplois (tertiarisation, désindustrialisation).
• Fluidité sociale : égalité des chances = probabilité d’accéder à une position indépendamment de l’origine.
• Odds ratio (2003) : fils de cadre a 29 fois plus de chances d’être cadre que fils d’ouvrier.
• Mobilité féminine : ascendante vs mère (forte) mais plus descendante vs père (inégalités du marché du travail).