Érosion et activité humaine — Seconde

✅ Corrigé détaillé — Exercice 4

1) • Aléa : le recul du delta du Nil à une vitesse de 10 à 50 mètres par an, dû au déficit sédimentaire causé par le barrage d’Assouan. Cet aléa entraîne aussi la salinisation des terres agricoles par invasion marine.
Enjeux : les 40 millions d’habitants du delta (document 2), les terres agricoles qui représentent 60 % de la production agricole égyptienne, les villages côtiers, les infrastructures et l’économie du pays.
Conclusion : il s’agit d’un risque géologique majeur car l’aléa (recul et érosion du delta) menace directement et massivement les enjeux (population, agriculture, économie nationale égyptienne).

2) Mécanisme : avant 1970, le Nil transportait chaque année des millions de tonnes de sédiments vers son delta, compensant l’érosion marine. Depuis la construction du barrage d’Assouan :
• Le barrage retient tous les sédiments dans le lac Nasser (lac de retenue).
• Le Nil en aval ne transporte plus de sédiments → déficit sédimentaire total au niveau du delta.
• Les vagues et courants marins érodent le rivage du delta sans que de nouveaux sédiments viennent compenser cette érosion.
• → Recul progressif et accéléré du delta à une vitesse de 10 à 50 m/an.

3) Il s’agit d’une cause anthropique (humaine). C’est la construction du barrage d’Assouan par l’être humain qui a interrompu l’apport sédimentaire naturel vers le delta. Sans ce barrage, le Nil continuerait à alimenter son delta en sédiments comme il l’a fait pendant des millénaires. L’érosion marine existait auparavant, mais elle était compensée par les apports sédimentaires du fleuve. C’est l’activité humaine (barrage) qui a rompu cet équilibre.

4) Calcul de la superficie perdue :
Superficie initiale (1900) : 20 000 km².
Superficie perdue : 25 % de 20 000 km² = 0,25 × 20 000 = 5 000 km².
Superficie actuelle (2020) : 20 000 − 5 000 = 15 000 km².
Le delta du Nil a donc perdu environ 5 000 km² entre 1900 et 2020.

5) La situation du delta du Nil constitue un risque géologique d’une ampleur exceptionnelle car les enjeux sont d’une magnitude extraordinaire :
40 millions d’habitants vivent dans le delta (document 2) → risque humain considérable.
• Le delta représente 60 % des terres agricoles d’Égypte → risque alimentaire et économique pour toute la nation.
• Le recul du delta et la salinisation des terres menacent simultanément les habitations, les cultures et la sécurité alimentaire de tout un pays. C’est un risque à l’échelle nationale, bien au-delà d’un simple risque local.

6) Deux mesures proposées :
Mesure de protection : construction de digues et d’enrochements le long des côtes les plus exposées du delta, et rechargement artificiel des plages en sédiments (en prélevant les sédiments accumulés dans le lac Nasser pour les redistribuer à l’embouchure). Efficacité : partielle — les digues ralentissent l’érosion localement mais ne peuvent pas protéger l’ensemble du delta (des centaines de km de côtes). Faisabilité : techniquement possible mais extrêmement coûteux à l’échelle du delta du Nil.
Mesure de prévention : mise en place d’un plan d’urbanisme rigoureux interdisant toute nouvelle construction dans les zones les plus menacées par le recul du delta, et planification du déplacement progressif des villages côtiers les plus exposés vers des zones plus sûres à l’intérieur des terres. Efficacité : très efficace à long terme pour réduire les enjeux humains. Faisabilité : extrêmement difficile politiquement et socialement car elle concerne des millions d’habitants — c’est l’une des plus grandes défis de gestion des risques géologiques au monde.

7) Les activités humaines ont un rôle ambivalent face aux risques géologiques liés à l’érosion :
Elles créent des risques en favorisant l’érosion : le prélèvement de sable dans les cours d’eau, la construction de barrages (comme à Assouan), la déforestation et l’artificialisation des côtes perturbent les équilibres sédimentaires naturels. Ces activités privent les littoraux de l’apport sédimentaire qui compense naturellement l’érosion marine → recul du trait de côte → risque géologique pour les populations côtières.
Elles réduisent aussi les risques en mettant en place des mesures adaptées : les mesures de protection (pare-vagues, digues, rechargement des plages) atténuent l’impact de l’érosion sur les zones déjà urbanisées ; les mesures de prévention (PPRL, interdiction de construire en zone à risque) réduisent l’exposition des populations et des biens en agissant sur les enjeux. Ces deux approches complémentaires permettent de gérer, sinon d’éliminer, les risques géologiques liés à l’érosion côtière.

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