Comment lutter contre le chômage ? — SES Terminale

📘 Les politiques de lutte contre le chômage

Face à la diversité des causes du chômage, les politiques de l’emploi sont multiples. Quatre grandes catégories existent : réduction du coût du travail (chômage classique), flexibilisation du marché du travail (chômage structurel), politiques de relance keynésiennes (chômage conjoncturel), et politiques de formation (appariement). Chacune présente des avantages et des limites spécifiques.


📐 II-A — Réduire le coût du travail

Cette politique lutte contre le chômage classique en rendant l’embauche moins coûteuse pour les entreprises.

Mécanismes :
• Réduction des cotisations sociales patronales (surtout pour les bas salaires, proches du SMIC).
Contrats aidés : contrats subventionnés par l’État pour que les chômeurs soient embauchés à moindre coût.
• Effets attendus : incitation à embaucher + baisse des coûts de production + meilleure compétitivité + hausse des profits → investissement.

Limites :

Limite Description Exemple
Effet d’aubaine L’entreprise aurait embauché de toute façon sans la subvention Contrat aidé pour un poste qui aurait été pourvu en CDI
Effet de substitution On favorise les emplois peu qualifiés au détriment des qualifiés → baisse de productivité Préférence pour un non-qualifié moins cher plutôt qu’un qualifié
Effet pervers Salaires trop bas → consommation réduite → demande faible → production faible → moins d’emploi Trappe à bas salaires qui déprime la demande globale

📐 II-B — Flexibiliser le marché du travail

Lutte contre le chômage structurel en supprimant les rigidités qui empêchent l’ajustement offre/demande de travail.

Modèle de la flexisécurité danoise :
• Contrats de travail flexibles (licenciement facilité).
Protection sociale forte (allocations chômage élevées).
Politiques actives de l’emploi (obligations de formation pour les chômeurs).

En France :
• Développement des contrats atypiques (CDD, intérim, stages) : part des CDI passée de 94 % à 87 % entre 1982 et 2012 ; CDD de 5 % à 10 %.
• Introduction en 2008 de la rupture conventionnelle (rupture de CDI sans licenciement ni démission).

Limites de la flexibilisation :

Limite Description
Précarité accrue Fragilise les salariés, alimente la « nouvelle pauvreté » des travailleurs pauvres
Chômage répétitif Les contrats courts favorisent une alternance emploi/chômage
Segmentation du marché Dualité entre insiders (CDI stables) et outsiders (contrats précaires) ; touche surtout femmes, jeunes, immigrés

📌 Pour réduire le chômage frictionnel : obligation d’accepter les offres d’emploi « raisonnables » sous peine de radiation de Pôle emploi ; réduction de la durée ou du montant des allocations (risque : appariement de moindre qualité).


📐 II-C — Les politiques de relance keynésiennes

Lutte contre le chômage conjoncturel en soutenant la demande globale par l’intervention de l’État.

Type de relance Instruments Mécanisme
Relance budgétaire Hausse des dépenses publiques, investissements publics, protection sociale, baisse des taxes Soutenir la consommation des ménages et l’investissement des entreprises
Relance monétaire Baisse des taux d’intérêt par les banques centrales Inciter les agents à emprunter → consommer et investir → hausse de la demande

📌 L’assurance chômage est un stabilisateur automatique : elle maintient le revenu et donc la consommation des chômeurs → soutient la demande en toutes circonstances.

Limites des politiques de relance :

Contrainte Description
Contrainte extérieure Si l’économie est ouverte et peu compétitive, la relance profite aux importations plutôt qu’à la production nationale → déficit commercial sans réduction du chômage
Contrainte budgétaire La relance creuse la dette publique → remboursement des intérêts → effet boule de neige → politiques d’austérité → ralentissement de la croissance → effets négatifs sur l’emploi
Progrès technique La croissance peut se faire sans créer d’emploi si les entreprises investissent en capital plutôt qu’en travail (gains de productivité sans embauche)

📐 II-D — Les politiques de formation

Lutte contre le chômage structurel lié aux problèmes d’appariement en améliorant la qualification des chômeurs.

Objectifs :
Renforcer l’employabilité : le diplôme reste un rempart contre le chômage (notamment pour les jeunes).
Améliorer la compétitivité des entreprises en formant une main-d’œuvre qualifiée et productive.
Faciliter l’appariement : former les chômeurs aux nouveaux emplois (services, nouvelles technologies).

📌 Qualification : ensemble des aptitudes professionnelles demandées pour exercer un emploi, acquises par les diplômes et l’expérience.


📐 Tableau de synthèse : politiques et types de chômage

Type de chômage Cause Politique adaptée Limites principales
Classique Coût du travail trop élevé (salaire minimum, salaire d’efficience) Réduction des cotisations, contrats aidés Effets d’aubaine, substitution, pervers
Structurel (rigidités) Marché du travail peu flexible Flexibilisation (CDD, rupture conventionnelle, flexisécurité) Précarité, chômage répétitif, segmentation
Conjoncturel Faiblesse de la demande anticipée Politiques de relance (budgétaire + monétaire) Contrainte extérieure, budgétaire, progrès technique
Structurel (appariement) Inadéquation compétences/spatial Politiques de formation Coût, délais, reconversion difficile

💡 À retenir

Chômage classique → réduire le coût du travail (cotisations, contrats aidés) → effets d’aubaine, substitution, pervers.
Flexibilisation → supprimer les rigidités → flexisécurité danoise → risque de précarité et segmentation.
Relance keynésienne → soutenir la demande → budgétaire + monétaire → contraintes extérieure, budgétaire, progrès technique.
Formation → améliorer l’appariement → employabilité + compétitivité.
• Le diplôme reste le meilleur rempart contre le chômage.

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