Quelle action publique pour l’environnement ? — SES Terminale

📘 Les moyens et les limites des politiques climatiques

Les politiques climatiques disposent de quatre instruments principaux : la réglementation (normes, seuils), la taxation (écotaxes, principe pollueur-payeur de Coase), le marché des quotas d’émission (protocole de Kyoto) et les subventions à l’innovation verte (Tirole). Ces instruments présentent tous des limites importantes, liées notamment au problème des biens communs (Ostrom) et à la difficulté de coordination internationale (COP 21).


📐 Définition : politique climatique

Politique climatique : ensemble des mesures prises par les instances publiques pour lutter contre les effets économiques et sociaux négatifs liés au changement climatique (lui-même lié à l’activité économique).


📐 Les quatre moyens des politiques climatiques

Schéma des quatre instruments des politiques climatiques : réglementation (fixation de seuils de pollution, adoption de technologies vertes comme les pots catalytiques, norme UE, certificat NF), taxation (principe pollueur-payeur de Coase — écotaxes sur émissions SO₂, taxe carbone française 2014, TICPE), marché des quotas d'émission (protocole de Kyoto 2005 — quotas échangeables entre entreprises : récompense les faibles émetteurs, pénalise les forts), subventions vertes (Tirole — crédits d'impôt isolation, primes voitures électriques, bonus-malus, financement R&D)
Les quatre instruments des politiques climatiques : réglementation, taxation, marché des quotas, subventions vertes

1️⃣ La réglementation

Forme Description Exemples
Fixation de seuils Limiter l’emploi de certaines matières polluantes Interdiction des pesticides ; seuils de CO₂ ; interdiction des dérivés de carbone/chlore/azote (Sommet de Montréal 1985, couche d’ozone)
Adoption de technologies vertes Transition forcée ou favorisée vers des technologies moins polluantes Pots catalytiques dans les voitures ; norme UE ; certification NF ; Crit’Air

📌 Limite : coût économique élevé pour les producteurs → dans un contexte concurrentiel, R&D orientée vers la réduction des coûts plutôt que l’efficacité environnementale (ex. voitures électriques développées dès les années 1970 mais abandonnées au profit du moteur thermique moins coûteux).

2️⃣ La taxation (principe pollueur-payeur — Ronald Coase)
Écotaxes : mécanismes désincitatifs qui poussent les producteurs à réduire leur pollution en internalisant par le coût les effets négatifs de la production.
• Avantage par rapport à la réglementation : constitue des rentrées fiscales pour l’État.
• Applicable à de nombreux domaines : taxes carburant, taxes ménagères, taxes sur la surpêche…

👉 Exemples français : taxe carbone (2014) ; TICPE (taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques).

📌 Limites : pression fiscale forte sur les entreprises (face à la concurrence mondiale) et sur les ménages précaires ; problème d’hétérogénéité internationale (ex. les SUV très polluants sont faiblement taxés aux États-Unis, fortement en France).

3️⃣ Le marché des quotas d’émission (Protocole de Kyoto, 2005)
• 184 États signataires ; engagement de réduire de 5,2 % les émissions de gaz à effet de serre pour 2008-2012 (par rapport à 1990).
• Mécanisme : une autorité publique fixe le volume total d’émissions autorisées et distribue des quotas échangeables sur un marché :

Situation Comportement Résultat
Faible émetteur (émet moins que son quota) Revend ou loue ses droits inutilisés Gagnant → récompense le civisme écologique
Fort émetteur (émet plus que son quota) Doit acheter des quotas supplémentaires Perdant → satisfait au principe pollueur-payeur

📌 Limites : effets réduits, bien inférieurs aux objectifs de Kyoto ; certains grands émetteurs ne participent pas ou ne respectent pas leurs engagements (États-Unis, Chine, Inde).

4️⃣ Les subventions à l’innovation verte (Jean Tirole)
• Contrairement à la réglementation et à la taxation, les subventions ont un rôle incitatif positif.
• L’État finance la recherche (programmes énergie renouvelable, agriculture biologique) et les individus (crédits d’impôts, primes).

👉 Exemples français : crédit d’impôt pour les travaux d’isolation thermique ; prime à la conversion vers un véhicule moins polluant ; système de « bonus-malus » pour orienter les achats automobiles.


📐 Les limites des politiques climatiques

Bien commun (Elinor Ostrom) : l’environnement est non exclusif (accessible à tous) et rival (son utilisation affecte les autres). La déforestation brésilienne/indonésienne profite à certains mais nuit à l’ensemble de la planète (réchauffement climatique).
→ Les politiques opèrent à des échelles locales ou nationales alors qu’il faudrait agir à l’échelle mondiale.

Instrument Avantages Limites principales
Réglementation Contraignante, garantit un résultat Coût économique élevé pour les producteurs ; frein à la compétitivité
Taxation Rentrées fiscales + disincitation à polluer Pression sur entreprises et ménages précaires ; hétérogénéité internationale
Marché de quotas Mécanisme de marché, récompense les vertus écologiques Effets réduits ; non-participation des grands émetteurs (USA, Chine, Inde)
Subventions Incitatif positif, favorise l’innovation Coût budgétaire pour l’État ; risque de dépendance aux aides

COP 21 (Paris, 2015) : les pays signataires s’engagent à limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C à +2 °C d’ici 2100 → mais les solutions restent à élaborer :
  → Changements techniques (transition écologique des modes de production).
  → Modification des modes de consommation (décroissance ou économie circulaire).
  → Institutions internationales contraignantes sur la gestion des eaux, de l’atmosphère, des pôles (encore très débattues).


💡 À retenir

• 4 instruments : réglementation (seuils, technologies) + taxation/pollueur-payeur (Coase) + marché de quotas (Kyoto : −5,2 % de GES) + subventions vertes (Tirole : crédit d’impôt, primes).
• Bien commun (Ostrom) : non exclusif + rival → libre accès → surexploitation → action mondiale nécessaire.
• Passager clandestin : certains pays bénéficient des efforts des autres sans s’engager (USA, Chine, Inde hors Kyoto).
• COP 21 (2015) : objectif +1,5 à +2 °C → transition écologique, économie circulaire, institutions contraignantes à construire.

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