✅ Corrigé détaillé — Exercice 4
1) La voie de communication utilisée lors de la sélection sexuelle chez ces cichlidés est la voie visuelle : les femelles évaluent la couleur du mâle (rouge ou bleu) pour choisir leur partenaire de reproduction.
2) Dans les eaux claires, les deux espèces restent distinctes car la sélection sexuelle assure un isolement reproductif :
• Les femelles de P. nyererei ne choisissent que les mâles rouges (de leur propre espèce) et refusent les mâles bleus.
• Les femelles de P. pundamilia ne choisissent que les mâles bleus (de leur propre espèce) et refusent les mâles rouges.
La communication visuelle (couleur du mâle → réaction de la femelle) crée donc une barrière reproductive entre les deux espèces, sans qu’il y ait de barrière géographique.
3) Dans les eaux turbides, la visibilité est réduite : les femelles ne peuvent plus distinguer la couleur des mâles (rouge ou bleu). La voie de communication visuelle est perturbée → le signal (couleur) ne peut plus être correctement reçu par le récepteur (la femelle). Les femelles s’accouplent alors indifféremment avec des mâles des deux espèces → la barrière reproductive disparaît → les deux espèces se croisent et produisent des hybrides. La pollution détruit donc la communication qui maintenait la séparation entre les espèces.
4) Le fait que les hybrides soient fertiles montre que les deux espèces sont très proches génétiquement et que leur isolement reproductif est récent et fragile. Selon la définition stricte de l’espèce (individus capables de se reproduire et de donner une descendance fertile), les deux espèces semblent encore très proches d’une même espèce — ou du moins au stade initial de la spéciation. Cette situation illustre que la spéciation est un processus graduel : la frontière entre deux espèces peut être floue, surtout si l’isolement reproductif est récent et basé uniquement sur la communication.
5) a) En eaux claires, la sélection sexuelle maintient la séparation entre les deux espèces : les femelles reçoivent correctement le signal de couleur et choisissent exclusivement les mâles de leur propre espèce. La communication visuelle agit comme une barrière reproductive qui empêche l’hybridation et maintient les deux espèces distinctes.
b) En eaux turbides, la sélection sexuelle ne peut plus s’exercer correctement : le signal est perturbé (les couleurs ne sont plus visibles). Les femelles perdent leur critère de choix et s’accouplent sans discrimination. La barrière reproductive disparaît et les deux espèces peuvent fusionner progressivement en une seule espèce hybride.
6) La pollution du lac Victoria représente une menace pour la biodiversité des cichlidés car elle perturbe la communication visuelle qui est le mécanisme central de la sélection sexuelle chez ces poissons. Sans cette communication :
• Les barrières reproductives entre espèces disparaissent → hybridation.
• Les deux espèces risquent de fusionner en une seule espèce hybride → perte de diversité spécifique.
• À terme, des espèces uniques pourraient disparaître en tant qu’entités distinctes, réduisant ainsi la biodiversité du lac Victoria, qui est l’un des écosystèmes lacustres les plus riches en espèces de cichlidés au monde.