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Cours — HGGSP Terminale
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HGGSP Spécialité Terminale — Fiches de Révision

📘 Histoire, mémoire et justice

La justice pénale internationale constitue un mécanisme essentiel pour traiter les crimes de masse. Mais elle se heurte à des enjeux politiques et à la difficile articulation entre vérité judiciaire et vérité historique.


📐 I. Les tribunaux pénaux internationaux

Les procès de Nuremberg (1945-1946) :
Tribunal militaire international jugea 24 dirigeants nazis. Chefs d’accusation inédits : crime contre la paix, crime de guerre, crime contre l’humanité. 12 condamnations à mort (dont Göring, Ribbentrop). Ces procès créent les bases du droit pénal international.

Tribunaux pénaux ad hoc :
• TPIY (Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie, 1993-2017) : juge Milošević, Karadžić, Mladic pour les crimes commis en Bosnie (massacre de Srebrenica). Plus de 160 personnes poursuivies.
• TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda, 1994-2015) : juge les responsables du génocide des Tutsis (1994). Définit plus précisément le génocide en droit international.

La CPI (Cour pénale internationale, 1998-2002) :
Premier tribunal permanent pour juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocides, crimes d’agression. Siège à La Haye. 124 États membres. Limites : USA, Russie, Chine non-membres. Difficultés d’arrestation (Omar el-Béchir du Soudan, Poutine depuis 2023).


📐 II. La vérité judiciaire face à la vérité historique

La justice retient des faits établis au-delà du doute raisonnable → vérité judiciaire. L’historien travaille avec des probabilités et des nuances → vérité historique. Ces deux vérités ne coïncident pas toujours mais se complètent.

Les lois mémorielles :
Lois qui fixent une « vérité officielle » sur des événements historiques :
• Loi Gayssot (1990) : pénalise le négationnisme de la Shoah.
• Loi Taubira (2001) : reconnaît l’esclavage et la traite comme crimes contre l’humanité.
Ces lois sont critiquées par certains historiens (Liberté pour l’histoire) qui estiment que le parlement ne doit pas écrire l’histoire.


📐 III. La justice transitionnelle

Mécanismes permettant de passer d’un régime de violence/dictature à la démocratie :
Commission Vérité et Réconciliation (CVR) d’Afrique du Sud (1995-2002) : présidée par Desmond Tutu. Les auteurs d’actes d’apartheid pouvaient obtenir l’amnistie en échange de leur témoignage complet. Privilégie la réconciliation sur la punition.
Procès en Argentine : jugement des généraux de la dictature (1976-1983) pour disparitions et torture.
Lustration en Europe de l’Est : après la chute du communisme, interdiction faite aux anciens collaborateurs de la Stasi ou du KGB d’exercer des fonctions publiques.


💡 À retenir

• Nuremberg (1945) : 1ers crimes contre l’humanité, bases du droit pénal international.
• CPI (La Haye, 1998) : 1er tribunal permanent → mais USA, Russie, Chine absents.
• CVR Afrique du Sud : amnistie en échange de vérité → réconciliation > punition.
• Loi Gayssot (1990) : pénalise le négationnisme de la Shoah.

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