📘 Exploiter, préserver et protéger
Les sociétés contemporaines font face à une tension fondamentale entre l’exploitation des ressources naturelles (nécessaire au développement économique) et la nécessité de les préserver pour les générations futures. Cette tension est au cœur des débats sur le développement durable.
📐 I. L’exploitation des ressources naturelles
Les ressources naturelles :
• Ressources renouvelables : eau, forêts, poissons, énergie solaire/éolienne → durables si leur consommation ne dépasse pas leur renouvellement.
• Ressources non renouvelables : charbon, pétrole, gaz naturel, minerais → stock limité qui s’épuise.
• Ressources potentiellement renouvelables : certains stocks de poissons (si surpêche → effondrement).
La surexploitation :
• Déforestation : 10 millions d’hectares de forêts perdus chaque année (Amazonie, forêts tropicales d’Asie du Sud-Est). Causes : élevage, soja, huile de palme, bois.
• Surpêche : 35 % des stocks mondiaux exploités à un niveau biologiquement non durable (FAO, 2020).
• Extraction minière : terres rares indispensables aux technologies vertes (lithium pour batteries, cobalt, néodyme). Paradoxe : la transition énergétique nécessite une extraction massive de métaux.
📐 II. Les instruments de protection de l’environnement
Instruments réglementaires :
Aires protégées (parcs nationaux, réserves naturelles). 15 % des terres et 8 % des océans sont protégés (objectif de 30 % à horizon 2030 — accord COP15 de Kunming-Montréal, 2022).
Instruments économiques :
• Taxe carbone : prix mis sur les émissions de CO₂ pour internaliser les externalités négatives.
• Marchés de droits à polluer (Système EU-ETS) : les entreprises échangent des quotas d’émission.
• Subventions aux énergies renouvelables.
Instruments juridiques :
• Convention sur la diversité biologique (Rio, 1992).
• Convention CITES : réglemente le commerce des espèces menacées (elephants, tigres).
• Débat sur la reconnaissance de l’écocide comme crime international (crime commis contre l’environnement).
📐 III. La « tragédie des communs » (Garrett Hardin, 1968)
Chaque acteur rationnel a intérêt à sur-exploiter une ressource commune (pâturages, mer), ce qui conduit à la destruction de la ressource. Solutions : privatisation, régulation publique, ou gestion collective (Elinor Ostrom, Prix Nobel 2009 → les communautés peuvent gérer leurs biens communs sans les détruire si règles de gouvernance adéquates).
💡 À retenir
• Déforestation : 10 millions d’ha perdus/an → Amazonie, Bornéo.
• EU-ETS : marché carbone européen → quotas d’émission échangeables.
• Tragédie des communs (Hardin, 1968) : sur-exploitation rationnelle des ressources communes.
• Ostrom (Prix Nobel 2009) : gouvernance collective des biens communs possible.