📘 La science
La science est une démarche de connaissance rationnelle et méthodique qui vise à établir des lois universelles à partir de l’observation et de l’expérimentation. Elle pose les questions de sa méthode, de ses limites et de sa relation avec d’autres formes de savoir.
📐 I. Qu’est-ce que la science ?
Science vs opinion (doxa) : La science (épistémé) s’oppose à la simple opinion (doxa) qui n’est que croyance non justifiée. La science vise des vérités universelles, nécessaires et démontrables.
Les caractéristiques du discours scientifique : Objectivité (vise les faits indépendamment des préférences du sujet), universalité (ses lois valent pour tous les cas), réfutabilité (Popper : une théorie scientifique doit pouvoir être réfutée par l’expérience).
📐 II. La méthode scientifique
L’induction (Bacon, Mill) : Partir de faits observés particuliers pour remonter à des lois générales. Problème du problème de l’induction (Hume) : aucun nombre d’observations ne peut logiquement garantir une loi universelle (le soleil s’est levé tous les jours, mais cela ne prouve pas qu’il se lèvera demain).
Le déductivisme et la réfutabilité (Popper) : Karl Popper, La Logique de la découverte scientifique (1934) : une théorie est scientifique si et seulement si elle est réfutable (falsifiable) — si elle peut être mise en défaut par une expérience. Ce qui n’est pas réfutable (psychanalyse, marxisme dogmatique, astrologie) n’est pas scientifique. La science progresse par réfutations successives, non par accumulations de confirmations.
Les révolutions scientifiques (Kuhn) : Thomas Kuhn, La Structure des révolutions scientifiques (1962) : la science ne progresse pas de façon linéaire mais par ruptures paradigmatiques. Un paradigme (cadre de référence dominant : géocentrisme → héliocentrisme ; physique newtonienne → relativité) s’impose jusqu’à ce que les anomalies l’emportent → révolution → nouveau paradigme.
Les obstacles épistémologiques (Bachelard) : Gaston Bachelard : le progrès scientifique se fait contre les intuitions premières et les évidences communes. La science doit briser les obstacles épistémologiques (préjugés, images, analogies premières) : « On connaît contre une connaissance antérieure. » La connaissance scientifique est toujours une rupture avec l’expérience ordinaire.
📐 III. Science et vérité
La science produit-elle des vérités définitives ? Non — toute théorie scientifique est provisoire (Popper). L’histoire des sciences montre que les théories dominantes sont régulièrement renversées (Newton → Einstein). La science est une approximation asymptotique vers la vérité.
Science et technique : La science fondamentale cherche la vérité. La technique applique les connaissances scientifiques à des fins utilitaires. Risque : la technique peut dépasser la science (on fait avant de comprendre) et produire des effets incontrôlés.
Limites de la science : La science ne peut pas répondre aux questions de valeur (ce qui est bien, beau, juste) — ces questions relèvent de la philosophie, de l’éthique, de l’art. Husserl : la science oublie le Lebenswelt (monde vécu) en se concentrant sur la mesure et le calcul.
💡 Citations et auteurs à retenir
• Popper : une théorie est scientifique si elle est réfutable (falsifiable).
• Kuhn : progrès scientifique par révolutions paradigmatiques, pas accumulation.
• Bachelard : « On connaît contre une connaissance antérieure » — obstacles épistémologiques.
• Hume : problème de l’induction — aucune observation ne garantit une loi universelle.
• Husserl : la science oublie le monde vécu (Lebenswelt).