Philosophie Terminale — Fiches de Révision

📘 La conscience

La conscience désigne à la fois la conscience psychologique (capacité de se représenter soi-même et le monde) et la conscience morale (faculté de distinguer le bien et le mal). Ces deux dimensions sont au cœur de la question de l’identité humaine.


📐 I. La conscience de soi

Le cogito de Descartes : Dans le Discours de la méthode, Descartes entreprend le doute radical (doute hyperbolique / malin génie) pour trouver une certitude première. Il réalise que même en doutant de tout, il sait qu’il doute — or douter c’est penser. Conclusion : cogito ergo sum (« je pense, donc je suis »). La conscience de soi comme chose pensante est la certitude première, le fondement de toute connaissance. « Par le mot penser, j’entends tout ce qui se fait en nous de telle sorte que nous l’apercevons immédiatement par nous-mêmes. » (Les Principes de la philosophie, 1644)

Kant — le « je » unifie les représentations : Dans la Critique de la raison pure, Kant montre que la conscience unifie toutes les représentations disparates que l’homme a de lui-même. Dire « je » est l’acte par lequel le sujet se constitue comme sujet unifié. L’homme est le seul être à pouvoir dire « je » et donc à avoir une conscience de soi.

Critique béhavioriste : Le béhaviorisme refuse toute introspection et étudie uniquement les comportements observables (conduites). La conscience n’est qu’un épiphénomène des mécanismes cérébraux — ce n’est pas une réalité spirituelle indépendante.


📐 II. La conscience et le monde extérieur

L’intentionnalité (Husserl) : Husserl, Idées directrices pour une phénoménologie (1913) : « Le mot intentionnalité ne signifie rien d’autre que cette particularité foncière et générale qu’a la conscience d’être conscience de quelque chose. » La conscience n’est jamais repliée sur elle-même — elle vise toujours un objet extérieur (intentionnalité). Pas de conscience sans objet visé.

Dialectique du maître et de l’esclave (Hegel) : Dans la Phénoménologie de l’esprit, Hegel montre que la conscience de soi ne peut se constituer que par la reconnaissance d’une autre conscience. Deux consciences s’affrontent : l’une préfère risquer la mort pour être reconnue (→ maître), l’autre préfère la soumission (→ esclave). Dans les deux cas, la conscience de soi nécessite la reconnaissance d’autrui.

Conscience et société : La conscience individuelle est influencée par la société — Durkheim : la « conscience collective » précède et façonne la conscience individuelle. Sartre : « L’enfer, c’est les autres » (Huis Clos) — autrui m’impose une image de moi que je ne maîtrise pas.


📐 III. La conscience morale

La conscience morale est ce « juge intérieur » qui permet de distinguer le bien du mal. Rousseau : la conscience morale est un instinct divin, naturel à l’homme. Kant : la conscience morale est l’usage de la raison pratique — la loi morale est formulée par la raison, non reçue de l’extérieur. Freud : la conscience morale est le Surmoi — intériorisation des interdits sociaux et parentaux, parfois source de culpabilité névrotique.


💡 Citations et auteurs à retenir

• Descartes : cogito ergo sum — la pensée comme certitude première.
• Husserl : intentionnalité — la conscience est toujours conscience de quelque chose.
• Hegel : conscience de soi nécessite la reconnaissance d’autrui.
• Freud : conscience morale = Surmoi (intériorisation des interdits).
• Sartre : « L’enfer, c’est les autres » — autrui m’aliène.

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