📘 Inégalités et justice sociale
Les inégalités économiques et sociales sont multiformes et cumulatives. Les conceptions de la justice sociale varient selon les valeurs (égalité des droits, des chances, des résultats). L’État intervient pour réduire ces inégalités via la protection sociale et les services publics.
📐 I. Les inégalités économiques et sociales
Inégalités économiques : de revenus (primaires = salaires + revenus du capital ; secondaires = après redistribution), de patrimoine (plus concentré que les revenus).
Inégalités sociales : d’accès à l’éducation, à la santé, au logement, au prestige, au pouvoir.
Inégalités multiformes et cumulatives : elles se cumulent et se renforcent mutuellement (effet Matthieu).
Mesures des inégalités :
• Rapport interquantiles : D9/D1 (rapport entre le 9e décile et le 1er décile des revenus).
• Coefficient de Gini : compris entre 0 (égalité parfaite) et 1 (inégalité maximale). Représenté par la courbe de Lorenz.
• Part des 1 % les plus riches dans le revenu total (Piketty).
📐 II. Conceptions de la justice sociale
Égalité des droits (libérale, Locke) : les règles du jeu sont identiques pour tous (égalité formelle). Les inégalités résultant d’une concurrence loyale sont acceptables.
Égalité des chances (méritocratique) : les positions sociales doivent être accessibles à tous selon le mérite, quelle que soit l’origine sociale. La discrimination positive peut être légitime pour corriger les inégalités de départ.
Égalité des résultats (sociale, redistributive) : réduire les écarts de revenus et de richesses. Nécessite une intervention active de l’État.
Principe de différence (Rawls, Théorie de la justice) : les inégalités ne sont justifiées que si elles bénéficient aux plus défavorisés. Le voile d’ignorance : choisir les règles de justice sans savoir quelle position on occupera.
📐 III. Rôle de l’État dans la justice sociale
Protection sociale : ensemble des mécanismes de couverture des risques sociaux (maladie, vieillesse, chômage, famille).
• Assurance sociale : cotisations → droits (logique bismarckienne).
• Assistance : financement par l’impôt → droits universels (logique beveridgienne).
Services publics : éducation, santé, transport, culture → réduction des inégalités d’accès, externalités positives.
Fiscalité redistributive : impôt progressif sur le revenu (IR), ISF, impôts sur les successions.
Limites : effets désincitatifs de la fiscalité (Laffer), trappe à inactivité, coût du « coin fiscal ».
💡 À retenir
• Gini : 0 = égalité parfaite ; 1 = inégalité totale. Représenté par la courbe de Lorenz.
• Rawls : inégalités justes si elles profitent aux plus défavorisés (principe de différence).
• Protection sociale : assurance (cotisations) vs assistance (impôts).
• Discrimination positive : compenser les inégalités de départ pour l’égalité des chances.