📘 Crises financières et régulation du système financier
Les crises financières résultent de mécanismes de bulles spéculatives et d’aléa moral. Elles se transmettent à l’économie réelle via plusieurs canaux et nécessitent une régulation renforcée.
📐 I. Origines des crises financières
Crise de 1929 : effondrement boursier d’octobre 1929 (krach du jeudi noir), suivie d’une grande dépression mondiale. Causes : surproduction, spéculation boursière à crédit, protectionnisme (loi Smoot-Hawley), contraction monétaire (Friedman).
Crise des subprimes de 2008 : éclatement de la bulle immobilière américaine. Causes : prêts immobiliers accordés à des ménages insolvables (subprimes), titrisation (transformation des créances en titres vendus sur les marchés), effondrement des prix de l’immobilier → faillite de Lehman Brothers → crise financière mondiale.
Bulles spéculatives : hausse auto-entretenue des prix d’un actif (actions, immobilier, cryptomonnaies) au-delà de sa valeur fondamentale, alimentée par des comportements mimétiques (following the crowd). L’éclatement provoque une chute brutale des prix.
Aléa moral : comportement risqué adopté quand on sait que les pertes éventuelles seront supportées par d’autres (ex. : banques « too big to fail » renflouées par l’État). Incite à la prise de risque excessive.
Faillites bancaires en chaîne (risque systémique) : l’interdépendance des banques (marché interbancaire) peut propager la faillite d’une banque à l’ensemble du système.
📐 II. Transmission à l’économie réelle
- Effet de richesse négatif : la chute des prix des actifs (actions, immobilier) réduit le patrimoine des ménages → baisse de la consommation.
- Contraction du crédit (credit crunch) : les banques, fragilisées, resserrent l’accès au crédit → moins d’investissement et de consommation.
- Ventes forcées : pour rembourser leurs dettes, les agents vendent leurs actifs en urgence → chute des prix → pertes → cercle vicieux.
📐 III. Régulation du système financier
- Ratios de solvabilité (Bâle III) : les banques doivent détenir un niveau minimum de fonds propres en proportion de leurs actifs risqués → limite la prise de risque excessive.
- Supervision bancaire : la banque centrale (BCE, Fed) supervise les banques systémiques, peut exiger des stress tests, impose des règles prudentielles.
- Séparation bancaire : séparer les activités de dépôt des activités de marché (débattu).
- Prêteur en dernier ressort : la banque centrale injecte des liquidités en cas de crise pour éviter les paniques bancaires.
💡 À retenir
• Bulle spéculative : prix > valeur fondamentale → comportements mimétiques.
• Aléa moral : prise de risque excessive car les pertes sont socialisées (too big to fail).
• Crise 2008 : subprimes → titrisation → risque systémique.
• Bâle III : ratios de fonds propres obligatoires pour limiter le risque bancaire.